- Logements
- Qualité de l'air intérieur
- Rapport d'étude (campagne)
Le radon dans nos logements : ce que révèlent les données nationales
Peu connu du grand public, le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, inodore et invisible, qui s’infiltre dans les bâtiments depuis le sol. En France, il constitue pourtant la première source d’exposition aux rayonnements ionisants pour la population. Dans certains logements, il atteint des niveaux préoccupants, susceptibles d’augmenter le risque de cancer du poumon.
Pour mieux comprendre cette exposition, l’Institut de veille sanitaire (InVS) s’est appuyé sur les données de la campagne nationale Logements 1, pilotée par l’OQAI entre 2003 et 2005. L’objectif : dresser un état des lieux des concentrations de radon dans les logements français et identifier les facteurs qui influencent sa présence.
Quelques chiffres clés
472
Taille de l’échantillon final
L’étude a retenu un total de 472 logements dans l’échantillon final, soit 83 % des résidences principales incluses dans la campagne de l’OQAI.
65
Concentration moyenne dans le séjour
La concentration moyenne de radon corrigée de l’effet saison était de 65 Bq.m⁻³ dans le séjour.
59
Concentration moyenne dans la chambre
La concentration moyenne de radon corrigée de l’effet saison était de 59 Bq.m⁻³ dans la chambre principale.
500k
Nombre de logements dépassant le seuil d’action
Près de 500 000 résidences principales en France dépasseraient le seuil d’action de 300 Bq.m⁻³, soit 2 % du parc.
Un diagnostic national mené dans 472 logements
La campagne s’est déroulée dans un échantillon représentatif du parc résidentiel français : 567 logements répartis dans 74 communes, 50 départements et 19 régions de France métropolitaine. Parmi eux, 472 ont fourni des données exploitables sur le radon.
Les mesures ont été réalisées selon un protocole rigoureux : deux dosimètres ont été installés dans chaque logement (séjour et chambre), avec une exposition de 60 jours. Les résultats ont ensuite été corrigés pour tenir compte des effets saisonniers — les niveaux étant souvent plus élevés en hiver.

Des niveaux de radon globalement modérés
Les niveaux de radon observés dans les logements français sont globalement modérés, mais avec de fortes disparités selon les caractéristiques des logements.
Quelques repères statistiques
- Concentration moyenne (corrigée saison) : 61 Bq/m³
- Médiane : 33 Bq/m³
- Maximum mesuré : 2 161 Bq/m³
- 15 % des logements dépasseraient 100 Bq/m³, soit plus de 3,5 millions de résidences
- 2 % dépasseraient 300 Bq/m³, le niveau d'action recommandé.
Ce qui influence les niveaux de radon
Certains facteurs sont fortement associés à des concentrations plus élevées :
- Les matériaux des murs, en particulier le granit, le bois et la pierre
- La nature du sol, surtout les sols d’origine magmatique ou métamorphique
- Le fait d’habiter en rez-de-chaussée, plus proche des sources naturelles
- La présence d’une cheminée, qui modifie la circulation de l’air intérieur
À l’inverse, les logements équipés d’un chauffage central ou d’un système de climatisation présentent en moyenne des niveaux plus faibles. L’étage joue également un rôle protecteur : plus le logement est élevé, moins la concentration est importante.
Des risques sanitaires avérés
Classé cancérogène certain depuis 1988 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), le radon serait responsable chaque année de 1 200 à 2 900 décès par cancer du poumon en France. Cela en fait le deuxième facteur de risque après le tabac.
Que peut-on faire face au radon ?
Les concentrations dépendent fortement des caractéristiques du bâti et de la géologie locale. Si les zones granitiques sont plus exposées, les solutions existent : renforcer l’étanchéité à l’air, améliorer la ventilation, installer un système de renouvellement d’air performant.
L’un des enseignements de cette étude est qu’aucun autre polluant domestique ne permet d’anticiper les niveaux de radon. Seules des mesures dédiées permettent de connaître l’exposition réelle.
Vers une stratégie de gestion du risque radon
Cette étude constitue une référence nationale sur la présence du radon dans les logements. Elle met en évidence la nécessité de politiques de prévention spécifiques, fondées sur des diagnostics ciblés et des actions locales — en particulier dans les zones à potentiel radon élevé.
Alors que les Français passent en moyenne 67 % de leur temps dans leur logement, la question du radon mérite d’être intégrée pleinement dans les stratégies de santé environnementale et les politiques du logement.

Liens utiles
Pour en apprendre plus/lecture associée
- Image
ÉtudeDéterminants des concentrations de PM2,5 dans les logements
Étude OQEI : 70 % des logements dépassent la valeur repère en PM2,5. Tabagisme, pollution extérieure, nettoyage, chauffage et ventilation influencent les niveaux.
Publié le
- Image
CampagnePESTILOGE : des pesticides dans nos logements
Étude PestiLoge : des pesticides détectés dans l’air et les poussières des logements en France. Découvrez les résultats et leurs implications santé.
- Image
ÉtudeActivités et produits du quotidien dans les logements en France
Analyse des activités domestiques et produits utilisés dans les logements français pour mieux comprendre l’exposition quotidienne aux polluants intérieurs.