Dans cette campagne :
  • Logements
  • Qualité de l'air intérieur
  • Rapport de campagne

Pourquoi une campagne nationale sur l’air intérieur dans les logements ?

L’air intérieur que nous respirons dans nos logements contient une diversité de polluants susceptibles d’avoir un impact sur la santé. Pour mieux comprendre cette pollution et fournir une base solide aux politiques publiques, l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI), devenu l'Observatoire de la Qualité des Environnements Intérieurs (OQEI) en 2024, a conduit, entre 2003 et 2005, la première campagne nationale sur la qualité de l’air dans les résidences principales françaises de l’hexagone. Ce travail a été mené avec le concours du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), de l’ADEME des Ministères en charge de la Construction, de la Santé, et de la Recherche, ainsi que de l’ANAH et de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS). 

Une ambition nationale : enquête de 567 logements répartis dans 50 départements

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L’objectif de cette campagne était de produire le premier état de la qualité de l’air intérieur représentatif de la situation de l’ensemble des résidences principales de l’hexagone. La méthode d’échantillonnage des logements à enquêter a été élaborée de façon à assurer à chaque résidence principale la même probabilité d’être tirée au sort et à extrapoler les résultats obtenus au parc national des logements français. À partir de 6 268 adresses tirées au sort, 811 ménages ont donné leur accord de participation et 567 logements répartis dans 50 départements de la France hexagonale ont été effectivement instrumentés. Les mesures ont concerné 1 612 occupants et ont duré une semaine par logement.

Les prélèvements ont été réalisés dans différentes pièces (séjours, chambres, salles de bain, WC), ainsi que dans les garages et à l’extérieur lorsque cela était possible. En parallèle, des questionnaires descriptifs du logement, du ménage et de ses activités, du temps passé par les occupants du logement ont été renseignés, des indicateurs de santé allergique et respiratoire ont été collectés et un repérage d’éléments nécessitant un diagnostic CO a été réalisé.

Une approche scientifique rigoureuse

Des paramètres choisis pour refléter l’exposition réelle 

Plus de 30 paramètres sélectionnés selon leur impact sanitaire, leur dangerosité et leur fréquence d’apparition ont été mesurés :

  • Polluants chimiques : Composés organiques volatils (COV), aldéhydes, monoxyde de carbone (CO)

  • Polluants biologiques : allergènes de chats, chiens, acariens

  • Paramètres physiques : particules (PM2,5 et PM10), radon, rayonnement gamma

  • Paramètres de renouvellement de l’air et de confort thermique : CO₂, débits d’air, température, humidité 

Un protocole harmonisé sur tout le territoire 

Chaque logement a été suivi selon un protocole identique, garantissant la comparabilité des résultats à l’échelle nationale. L’ensemble des données collectées permet d’établir un diagnostic global, combinant mesures de terrain et données déclaratives. 

Quelques chiffres clés

567

Taille de l’échantillon de la campagne

Les données ont été recueillies dans 567 résidences principales réparties sur 50 départements et 74 communes de la France hexagonale.

756

Concentration médiane en CO₂ (en ppm)

Valeur médiane mesurée dans la chambre de la personne de référence, représentatif de la situation des 24 millions de résidences principales.

19,6

Concentration médiane en formaldéhyde (en µg/m³)

Concentration médiane de formaldéhyde relevée dans les logements, représentatif de la situation des 24 millions de résidences principales.

2,1

Concentration médiane en benzène (en µg/m³)

Concentration médiane de benzène mesurée dans l’air intérieur des logements, représentatif de la situation des 24 millions de résidences principales.

Que nous apprennent les résultats ?

Une pollution omniprésente mais variable

  • Certains polluants, comme le formaldéhyde, le toluène ou les xylènes, ont été détectés dans 100 % des logements.
  • La pollution à l’intérieur est souvent plus importante qu’à l’extérieur des logements, avec des ratios de concentration intérieure/extérieure supérieurs à 1 dans la majorité des cas.
  • 45 % des logements investigués présentent des concentrations faibles alors que 9 % montrent des niveaux élevés pour plusieurs polluants.
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Photographie d'une technicienne qui instrumente le séjour d'un logement lors de la première campagne nationale Logements

Le formaldéhyde : polluant le plus présent 

Le formaldéhyde est le composé organique volatil le plus fréquemment retrouvé, avec une concentration médiane de 19,6 µg/m³. La moitié des logements dépassent cette valeur, et 5 % affichent des concentrations supérieures à 50 µg/m³, soit des niveaux préoccupants au regard des recommandations internationales.

Monoxyde de carbone et radon : vigilance nécessaire 

Bien que les concentrations en monoxyde de carbone sont voisines de zéro, des pics sont ponctuellement enregistrés, notamment dans les cuisines, salles d’eau et WC. Concernant le radon, 2,6 % des logements dépassent le seuil nécessitant des actions correctives (> 400 Bq/m³, abaissé à 300 Bq/m³ le 1er juillet 2018 par le décret n° 2018‑434 du 4 juin 2018).

Confort thermique et ventilation 

Les mesures montrent :

  • Une température médiane de 21,0 °C avec des valeurs supérieures à 25,5 °C dans 5 % des chambres,
  • Une humidité relative médiane de 48,7 % avec des valeurs plus élevées (> 63 %) dans 5 % des logements,
  • Des niveaux de CO₂ moyens de 756 ppm sur une semaine avec des valeurs dépassant 1 484 ppm dans 5 % des cas, témoignant d’une ventilation insuffisante.

Une base de référence inédite pour les politiques publiques

Il s’agit de la première étude représentative sur la qualité de l’air intérieur dans les logements français. Elle fournit une base solide pour :

  • Évaluer les risques sanitaires liés aux expositions domestiques,
  • Identifier les situations à risque,
  • Développer des indicateurs de qualité de l’air,
  • Orienter les politiques publiques en matière de ventilation, matériaux de construction, produits d’entretien ou comportements d’usage.

Études complémentaires issues de la campagne

Les données collectées ont permis de nombreuses analyses thématiques approfondies, portant notamment sur les comportements des ménages, les matériaux émissifs, ou encore les sources spécifiques de pollution. Ces travaux complémentaires viennent enrichir la compréhension des enjeux liés à l’air intérieur dans les logements. 

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Photographie d'un produit en spray pulvérisant sur un chiffon pour le ménage

Activités domestiques et produits du quotidien dans les logements en France

Cette étude nationale dresse pour la première fois un portrait précis du quotidien des Français à domicile et de l’usage des produits courants. Elle révèle que nous passons en moyenne 16 heures par jour dans notre logement, où activités et consommations peuvent influencer directement la qualité de l’air intérieur. Ces données constituent un socle essentiel pour affiner les évaluations de risques sanitaires et mieux orienter la prévention.

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Une femme se réchauffe en buvant une boisson chaude en hiver sur un fauteuil

Étude de la précarité énergétique dans les logements en France

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Le radon dans les logements en France : niveaux et déterminants

Cette étude nationale met en lumière la présence du radon dans nos logements et ses impacts sur la santé. Elle révèle des disparités importantes selon la géologie et les caractéristiques du bâti. Elle rappelle enfin l’importance de la mesure et de la prévention pour réduire l’exposition des occupants.

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