- Bâtiments performants en énergie
- Qualité de l'air intérieur
- Confort acoustique
- Confort lumineux
- Confort thermique
- Rapport de campagne
Une étude approfondie sur des logements récents ou rénovés, construits pour être sobres en énergie
L’étude OQAI-BPE porte sur des logements performants en énergie, construits ou rénovés entre 2008 et 2013. Au total, 128 logements ont été enquêtés à ce jour. Ce deuxième état descriptif s’appuie sur les 72 logements les plus complets, répartis dans 43 bâtiments, pour lesquels l’ensemble des données techniques et de mesures de qualité de l’air intérieur (QAI) et de confort a pu être validé.
Cette base vise à mieux comprendre comment les pratiques de construction ou de rénovation énergétique influencent la QAI et les conditions de vie. Les logements étudiés sont généralement très bien isolés, équipés de ventilation mécanique (simple ou double flux), et conçus pour minimiser les pertes d’énergie.
Quelques chiffres clés
72
Logements étudiés
Répartis dans 43 bâtiments performants en énergie, dont 17 maisons individuelles et 26 collectifs (majoritairement logements sociaux).
19%
Insatisfaction
Parmi les occupants de logements collectifs, près d’1 sur 5 se déclare insatisfait de son logement (qualité de l’air, confort thermique ou acoustique).
47%
Développement fongique actif
Près de la moitié des logements présentent des traces de moisissures, soit plus que dans le parc national (37 %).
30%
Dépassement des valeurs cibles
Plus d’un tiers des logements dépasse les valeurs de référence pour certains polluants (benzène, particules fines PM2,5, formaldéhyde).
Une proportion plus élevée de logements avec des moisissures actives
L’étude montre un développement fongique actif dans 47 % des logements analysés, contre 37 % dans la population nationale de référence. Ces moisissures, parfois invisibles à l’œil nu, apparaissent plus fréquemment dans les pièces humides ou faiblement ventilées.
Ce phénomène peut être lié à plusieurs facteurs : forte étanchéité à l’air, humidité mal évacuée, ou ventilation insuffisante. Il souligne l'importance de surveiller les signes de condensation, même dans des bâtiments très performants sur le plan énergétique.

Des températures intérieures plus élevées que dans le parc de logements classique
Les logements étudiés présentent des températures intérieures plus élevées que la moyenne nationale, en période de chauffe comme en période hors chauffe. Cette caractéristique s’explique par une isolation renforcée, une inertie thermique importante, et des apports solaires mieux conservés.
Si cela peut améliorer le confort thermique perçu, cela peut aussi favoriser une humidité persistante, surtout en l’absence de ventilation efficace. Un bon réglage des systèmes de chauffage et une surveillance de l’humidité sont donc essentiels.
Des polluants intérieurs présents en plus forte concentration dans certains cas

Des concentrations plus importantes de certains composés organiques volatils (COV) comme l’alpha-pinène, le limonène et l’hexaldéhyde ont été relevées dans les logements étudiés.
Ces substances proviennent notamment :
- des ossatures bois et isolants végétaux,
- des revêtements de sol (bois brut ou reconstitué),
- ou encore du mobilier neuf et produits ménagers.
Ces émissions sont normales dans des bâtiments récents ou rénovés, mais peuvent s’accumuler si le renouvellement d’air est limité.
Une ventilation essentielle mais parfois insuffisamment performante
Le renouvellement de l’air intérieur est un paramètre clé. Des mesures de CO₂ ont mis en évidence des situations de confinement dans certains logements, surtout lorsque les débits de ventilation ne sont pas optimaux.
Des vérifications sur site ont montré que certains systèmes ne fonctionnaient pas à pleine capacité (débits insuffisants, déséquilibres, manque d’entretien). Un système performant doit être conçu, réglé et entretenu régulièrement, et compris par les usagers.
Vers une approche globale : performance énergétique et qualité de l’air doivent aller de pair
Cette étude met en évidence que les logements performants en énergie ne garantissent pas systématiquement une meilleure qualité de l’air intérieur. La performance énergétique, si elle n’est pas accompagnée d’une gestion adéquate de l’air et des matériaux, peut entraîner une accumulation de polluants ou d’humidité.
Pour concilier santé et efficacité énergétique, plusieurs actions sont recommandées :
- choisir des matériaux peu émissifs (revêtements, isolants, mobiliers),
- installer des systèmes de ventilation adaptés, dimensionnés au logement,
- assurer un entretien régulier par des professionnels, en particulier sur la ventilation.
Ces éléments doivent être intégrés dès la conception des bâtiments pour garantir un confort durable et préserver la qualité de l’environnement intérieur.
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