L’air intérieur, un réservoir de particules

Les environnements intérieurs contiennent de nombreuses particules en suspension dans l’air ou déposées sur les surfaces. Pour ces dernières, on parle communément de poussières. Ces particules, solides ou liquides, proviennent d’une grande variété de sources et diffèrent par leur taille, leur composition chimique et leur comportement. Ce sont ces caractéristiques qui déterminent leur capacité à pénétrer dans le corps et leur toxicité potentielle pour la santé.  

PM10, PM2,5, ultrafines... une question de taille

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Comparaison des tailles entre particules, sable et cheveu humain. Les particules PM2,5 ont un diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 microns et les PM10 inférieur à 10 microns. Le dimaètre d'une particule PM10 représente 4 PM2,5 collées les unes aux autres, tandis que le diamètre d'un cheveu humain (environ 50 à 70 microns) équivaut à 5 PM10 alignées. Comparativement, un grain de sable mesure environ 90 microns de diamètre
Comparaison de la taille des particules en suspension dans l'air

Les particules sont généralement classées selon leur taille, ce qui influence leur capacité à pénétrer dans l’arbre respiratoire :

  • Les particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 10 μm (PM10)  peuvent atteindre les voies respiratoires supérieures.
  • Les particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 2,5 μm appelées particules fines (PM2,5) pénètrent jusqu’aux alvéoles pulmonaires.

Les particules ultrafines de diamètre inférieur à 0,1 µm (ou 100 nanomètres) peuvent passer dans la circulation sanguine. 

Des sources très diverses, souvent liées à nos activités

De nombreuses activités du quotidien produisent des particules à l’intérieur :

  • Cuisson des aliments
  • Chauffage par combustion (cheminée, poêle)
  • Tabagisme ou vapotage
  • Utilisation de bougies ou d’encens
  • Bricolage, ménage

Mais même sans source directe, les mouvements des personnes remettent en suspension des particules déjà déposées sur le sol ou les meubles. Dans les bâtiments très fréquentés comme les écoles, les crèches…, la remise en suspension liée aux déplacements (marcher, courir, danser) est un facteur majeur de pollution intérieure par les particules. 

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Schéma des différentes sources de particules dans l'air intérieur : elles peuvent provenir de la cuisson, de la combustion, du bricolage, des encens et bougies, du ménage, de l'air extérieur ou bien encore du tabagisme et du vapotage?

Certaines particules proviennent aussi de l’air extérieur (trafic routier, chauffage urbain…) via l’aération, la ventilation ou les infiltrations d’air. Néanmoins, les concentrations peuvent être plus élevées à l’intérieur, en raison de l’étanchéité des espaces clos et du manque de ventilation. 

Un lien entre source, taille et toxicité

Selon leur source, les particules ont des tailles et des compositions chimiques variées :

  • Les PM10 sont souvent issues de processus mécaniques (abrasion, poussières, remise en suspension) et leur composition est en général similaire à celle du matériau d’origine.
  • Les PM2,5 proviennent des processus de combustions (cuisine, chauffage, tabac…) et contiennent, entre autres, des hydrocarbures aromatiques polycycliques ainsi qu’une fraction carbonée importante.
  • Les particules ultrafines sont générées lors de combustions ou à la suite de réactions chimiques entre gaz. 

La composition chimique des particules jour un rôle dans leur toxicité. Par exemple, les particules riches en carbone, en métaux lourds ou en composés organiques volatils condensés peuvent être plus toxiques. Cette composition est dépendante de la source, mais aussi de la température, de l’humidité ou encore des interactions avec d’autres polluants.

Quels effets sur la santé ?

Les particules de l’air intérieur peuvent avoir des effets sur la santé, allant de simples gênes à des pathologies plus sévères :

  • Irritations, odeurs désagréables
  • Exacerbation de maladies respiratoires ou cardiovasculaires
  • Développement de maladies chroniques
  • Risque de cancer

Le rapport du NASEM (2024) souligne les risques accrus de maladies respiratoires et cardiovasculaires liés à l’exposition aux PM2,5 dans l’air intérieur. D'autres voies d'exposition sont étudiées (cutanée, orale), mais l'inhalation reste la principale.

Des gestes simples mais efficaces pour limiter l’exposition

  • Aérer régulièrement les pièces, même en hiver.
  • Éviter les sources de combustion en intérieur (bougies, encens, tabac…).
  • Bien entretenir les appareils de chauffage.
  • Cuisiner avec une hotte aspirante.
  • Limiter les activités générant de la poussière (ponçage, nettoyage à sec).
  • Utiliser des aspirateurs avec filtres HEPA.

L’Anses et le NASEM recommandent en premier lieu de limiter les sources de pollution (diminution des activités émettrices, entretien des appareils, etc.) et de ventiler les espaces intérieurs.