Une alternative naturelle pas toujours inoffensive

Présentées comme une alternative “saine” aux désodorisants conventionnels, les huiles essentielles sont largement utilisées en diffusion, notamment sous forme de sprays, bougies parfumées ou diffuseurs électriques.

Cependant, leur diffusion dans l’air intérieur peut libérer des concentrations élevées de composés organiques volatils (COV), principalement des terpènes tels que le limonène, le linalol ou l’α-pinène.

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Des réactions chimiques sources de polluants secondaires

Une interaction possible avec l’ozone

Ces substances, bien qu’issues de sources naturelles, réagissent facilement avec l’ozone présent dans l’air intérieur. Cette réaction photochimique peut conduire à la formation de polluants secondaires, notamment :

  • le formaldéhyde (classé cancérogène avéré – CIRC, Groupe 1),
  • des aérosols organiques secondaires (AOS),
  • et divers oxydants irritants.

Ainsi, l’usage d’huiles essentielles n’améliore pas nécessairement la qualité de l’air intérieur, et peut au contraire y introduire de nouveaux polluants.

Les enseignements du projet ESSENTIEL

Le projet ESSENTIEL (Huiles essentielles et qualité de l’air intérieur), mené conjointement par le CSTB et l’Ineris entre 2020 et 2023, a étudié l’impact de la diffusion d’huiles essentielles sur la composition chimique de l’air intérieur.

Les résultats montrent que :

  • certains diffuseurs électriques ou sprays peuvent émettre des concentrations élevées de terpènes,
  • dans des conditions de mauvaise ventilation, les concentrations d’α-pinène ou de limonène peuvent dépasser les valeurs toxicologiques de référence (VTR) et les seuils d’exposition européens (ECA),
  • ces émissions favorisent la formation secondaire de formaldéhyde et de particules ultrafines.

Ces conclusions soulignent que même les produits dits naturels peuvent, dans certaines conditions d’usage, dégrader la qualité de l’air intérieur.

Pour en savoir plus sur le projet ESSENTIEL, consultez la synthèse et le rapport d'étude disponibles ci-dessous.

Les bonnes pratiques recommandées

Un usage raisonné

  • Limiter la durée et la fréquence de diffusion.
  • Privilégier les pièces bien ventilées pendant et après usage.
  • Éviter la diffusion en présence de nourrissons, femmes enceintes, personnes asthmatiques ou sensibles.
  • Consulter les fiches de sécurité et étiquetages CLP des produits (certains comportent des mentions de danger pour les voies respiratoires ou l’environnement).