Les fibres minérales artificielles : définition et exemples

Qu’est-ce qu’une fibre ?

Les fibres se définissent comme des particules dont la longueur est au moins trois fois supérieure au diamètre.

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Qu’appelle-t-on fibres minérales artificielles ?

Les fibres minérales artificielles siliceuses vitreuses (FMA) regroupent l’ensemble des fibres autres que l’amiante, comme la laine de verre, la laine de roche, la laine de laitier, les fibres céramiques réfractaires (FCR), les fibres d’alumine ou les filaments de verre continus.

Elles constituent les laines isolantes utilisées pour l’isolation thermique, l’isolation phonique et l’isolation acoustique des bâtiments. Elles ont souvent remplacé l’amiante, interdit en France depuis le 1er janvier 1997.

On retrouve également des fibres minérales artificielles dans certains revêtements de sol ou muraux.

Le bâtiment, source de fibres minérales artificielles

Les fibres issues des laines d’isolation peuvent être libérées dans l’air lors de leur mise en place, de leur enlèvement ou lors de travaux, entraînant une exposition aux fibres.

Ces isolants se trouvent notamment dans les combles, les greniers, les toitures, les doubles cloisons murales, les faux plafonds, ainsi que dans certaines gaines techniques reliant les étages.

Outre le secteur du bâtiment, ces fibres sont également utilisées dans d’autres applications comme l’étanchéité, la fabrication de papier, le textile ou l’emballage.

Des effets suspectés sur la santé

Les fibres des laines minérales isolantes sont irritantes pour la peau et les yeux et peuvent provoquer des irritations cutanées et respiratoires.

  • Les laines minérales isolantes et les filaments continus de verre sont classés dans le groupe 3 par le CIRC, c’est-à-dire « inclassables quant à leur cancérogénicité pour l’Homme ». Elles sont exonérées de cette classification lorsqu’elles répondent aux critères de la directive européenne 97/69/CE, mais restent classées comme irritantes.
  • Les fibres céramiques réfractaires sont quant à elles classées comme « cancérogènes possibles » (groupe 2B) par le CIRC.
  • L’appareil respiratoire constitue une des principales voies de pénétration de ces fibres dans l’organisme.

L’INRS précise que la toxicité dépend de plusieurs paramètres :

  • la composition chimique,
  • la présence éventuelle d’additifs,
  • la biopersistance des fibres (durée de rétention dans le poumon),
  • la forme et les dimensions des fibres,
  • leur capacité de migration dans l’organisme.

Les fibres les plus fines (< 3 µm de diamètre) et longues pénètrent plus profondément dans les poumons et peuvent persister ou migrer vers d’autres organes. Des expositions répétées sont susceptibles d’entraîner fibroses pulmonaires, insuffisance respiratoire, plaques pleurales et, à long terme, cancers pulmonaires ou de la plèvre.

Les nouvelles générations de fibres, développées pour être moins persistantes, ne sont plus classées cancérogènes par la réglementation.

Limiter la dispersion des fibres minérales artificielles dans l’air intérieur

Pour réduire l’exposition aux fibres minérales artificielles, il est recommandé :

  • de vérifier que la laine de roche ou la laine de verre utilisée pour l’isolation (thermique, phonique ou acoustique) est correctement séparée des pièces de vie ;
  • de s’assurer que ces isolants n’ont pas été posés en vrac dans les faux plafonds, qui ne sont pas toujours isolés des espaces habitables (par exemple via les ouvertures de spots d’éclairage).

Dans le cas contraire, la ventilation intérieure – mécanique ou naturelle – risque de diffuser dans le bâtiment les poussières fibreuses issues de ces isolants, augmentant ainsi l’exposition aux fibres.

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La laine de verre endommagée peut entraîner l’émission de fibres inhalables — manipuler avec précaution pour limiter les expositions (crédit photo @Shutterstock)

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