Dans cette étude :
  • Logements
  • Rapport d'étude (campagne)
  • Qualité de l'air intérieur

Les particules fines PM2,5 sont présentes dans l’air intérieur de nombreux logements.

Pour mieux comprendre les facteurs qui influencent leurs niveaux, l’Observatoire de la Qualité des Environnements Intérieurs (OQEI) a analysé les données de la Campagne Nationale Logements 2.

Cette étude identifie les principaux déterminants des concentrations en PM2,5 dans les logements français et met en évidence les situations les plus à risque.

Les particules fines PM2,5 : de quoi parle-t-on ?

Les PM2,5 sont des particules très fines, d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres.

Elles restent longtemps en suspension dans l’air et peuvent pénétrer profondément dans les poumons.

Dans les logements, elles peuvent provenir :

  • De l’air extérieur qui entre dans le bâtiment,
  • D’activités intérieures comme le tabagisme, la combustion ou certaines pratiques de nettoyage.
     
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Certaines activités intérieures, comme la combustion, sont des sources de pollution aux PM2,5 (Crédit photo @Bogdan Sonjachnyj, Shutterstock)

Une campagne nationale à l’échelle de la France

La Campagne Nationale Logements 2 (CNL2) a été menée entre novembre 2020 et février 2023.

Elle repose sur :

  • 571 logements enquêtés en France métropolitaine,
  • Des mesures de PM2,5 pendant 7 jours dans le séjour,
  • Des questionnaires détaillés sur le logement, les équipements et les activités des occupants.

Les concentrations ont été mesurées selon une méthode normalisée (méthode gravimétrique, norme NF EN 12341).
 

Des niveaux de PM2,5 fréquemment élevés

Les résultats montrent une exposition importante dans les logements :

  • 70 % des logements dépassent au moins une fois sur la semaine la valeur repère de 10 µg/m³ (HCSP 2013) ;
  • 43 % dépassent la valeur journalière de 15 μg/m³ recommandée par l’Organisation mondiale de la santé,
  • 11 % atteignent le seuil d’alerte de 50 µg/m³ (HCSP 2013).

La concentration médiane mesurée est de 13,2 µg/m³, avec de fortes disparités entre les logements.
 

Les principaux déterminants identifiés

L’analyse statistique met en évidence plusieurs facteurs explicatifs majeurs des concentrations en PM2,5 à l’intérieur des logements.

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Les particules fines PM2,5 présentes dans l’air extérieur peuvent pénétrer dans les logements et polluer l’air intérieur (Crédit photo @tonkid, Shutterstock)

La pollution extérieure

Lorsque la concentration en PM2,5 est élevée à l’extérieur, elle l’est aussi à l’intérieur.

Une augmentation de la concentration extérieure en PM2,5 est associée à une augmentation des concentrations intérieures.

Le tabagisme à l’intérieur

Le tabagisme dans le logement est l’un des déterminants les plus marqués.

À caractéristiques égales, les logements où l’on fume présentent des concentrations en PM2,5 nettement plus élevées que ceux sans tabagisme intérieur.
 

Le nettoyage des surfaces avec des produits chimiques

Un nettoyage fréquent des surfaces avec des produits chimiques est associé à une augmentation des niveaux de PM2,5.

Lorsque ces nettoyages ont lieu au moins deux fois par semaine, les concentrations mesurées sont plus élevées que dans les logements sans nettoyage chimique.

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L’utilisation de produits chimiques pour le nettoyage des surfaces augmente les niveaux de PM2,5 (Crédit photo @Mariustomus, Shutterstock)
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Une extraction d’air efficace lors de la cuisson des aliments abaisse les niveaux de PM2,5 (Crédit photo @OQAI)

Le type de logement

Les maisons individuelles présentent en moyenne des concentrations plus faibles que les appartements.

Cette différence est liée à plusieurs facteurs, notamment :

  • Une pollution extérieure souvent moins élevée,
  • Une meilleure extraction de l’air lors de la cuisson (présence plus fréquente de hottes raccordées à l’extérieur).

Le chauffage et la ventilation

L’effet de la ventilation dépend du type de chauffage :

  • Dans les logements chauffés par un système à combustion (bois, gaz, fioul…), une ventilation naturelle ou mécanique centralisée est associée à des concentrations plus faibles ;
  • En revanche, lorsque le chauffage est sans combustion ou à l’arrêt, la ventilation n’a pas d’effet marqué sur les niveaux de PM2,5.
     

Ce que montrent les résultats à l’échelle nationale

Les analyses indiquent que :

  • Une part de la pollution intérieure pourrait être évitée en réduisant le tabagisme intérieur,
  • Des pratiques de nettoyage moins émissives peuvent contribuer à limiter la pollution de l’air,
  • Le choix des systèmes de chauffage et de ventilation joue un rôle clé dans les logements équipés d’appareils à combustion.

Le modèle explique une part limitée de la variabilité observée, ce qui souligne la complexité des sources de pollution intérieure et la diversité des situations.
 

Ce qu’il faut retenir

La concentration de particules fines PM2,5 dans les logements dépend à la fois de l’air extérieur et de comportements ou équipements à l’intérieur du logement.

Tabagisme, produits de nettoyage, chauffage et ventilation sont des leviers majeurs pour réduire l’exposition des occupants.
 

Quelques chiffres clés

515

Taille de l’échantillon

Nombre de mesures de concentration intérieure en PM2,5 exploitables parmi les 571 logements enquêtés dans le cadre de la CNL2.

70%

Logements au‑dessus de la valeur repère

Part des logements ayant dépassé au moins une fois la valeur repère de 10 µg/m³ pour les particules PM2,5 au cours de la semaine de mesure.

x1,5

Effet du tabagisme intérieur

À caractéristiques comparables, les concentrations en PM2,5 sont environ 1,5 fois plus élevées dans les logements où le tabagisme est présent.

13,2

Concentration médiane en PM2,5 (en µg/m³)

Valeur médiane mesurée sur 7 jours dans le séjour des logements, à l’échelle nationale.

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