- Etablissements sanitaires et médico-sociaux
- Qualité de l'air intérieur
- Rapport de campagne
Un enjeu sanitaire pour les établissements qui accueillent les plus fragiles
La qualité de l’air intérieur est une préoccupation croissante dans les lieux recevant du public, en particulier dans les établissements de santé et médico-sociaux (ESMS). Crèches et écoles étant déjà soumises à une surveillance réglementaire, cette exigence sera prochainement étendue aux structures accueillant des personnes âgées, malades ou en situation de handicap.
Mais avant l’entrée en vigueur de cette réglementation, il était essentiel de mieux connaître l’état actuel de la pollution intérieure dans ces établissements. C’est dans cette optique que l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a été missionné pour conduire une étude nationale préparatoire.
Une campagne d’étude pour anticiper la future réglementation
L’enquête menée par l’OQAI s’est déroulée en deux temps :
- En 2017, une enquête descriptive a permis de recueillir des informations sur les bâtiments, leurs systèmes de ventilation, les produits utilisés pour l’entretien, et les activités susceptibles de générer des polluants.
- Entre 2019 et 2021, une campagne de mesures a été réalisée dans 97 établissements sanitaires et médico-sociaux situés dans quatre grandes régions : Île-de-France, Pays de la Loire, Grand Est et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Cette double approche a permis de poser un diagnostic complet, à la fois structurel et environnemental.
Que mesure-t-on dans les établissements médico-sociaux ?
Les relevés ont été réalisés dans des pièces à fort taux d’occupation, comme les chambres et les espaces de vie collective. Les paramètres mesurés incluent :
- Le CO₂, qui indique le niveau de confinement et donc le renouvellement de l’air,
- La température et le taux d’humidité, qui influencent le confort et la prolifération de certains polluants,
- La concentration de polluants chimiques comme le formaldéhyde, le benzène, le NO₂, ou les particules fines (PM2,5).

L’ensemble des prélèvements a été effectué selon des protocoles rigoureux, avec des capteurs installés sur plusieurs jours, des échantillons analysés en laboratoire, et une étude des pratiques de ventilation dans chaque établissement.
Quelques chiffres clés
97
ESMS instrumentés
Au total, 97 établissements sanitaires et médico-sociaux ont été recrutés et instrumentés dans la campagne nationale ESMS.
620
Concentrations médianes de CO₂ (en ppm)
La concentration moyenne médiane de CO₂ mesurée en journée dans les EHPAD, toutes saisons confondues, est de 620 ppm.
18%
Dépassements de la valeur guide PM2,5
Bien que la médiane soit de 7,8 µg/m³, 8% des pièces et 18% des établissements présentent au moins un dépassement de la valeur guide OMS (15 µg/m³, 2021) pour les PM2,5.
7%
Dépassement de la valeur guide réglementaire du formaldéhyde
Malgré des concentrations globalement faibles, 7% des ESMS ont au moins une pièce présentant des concentrations supérieures à la valeur guide réglementaire pour le formaldéhyde.
Des niveaux globalement maîtrisés, mais des marges de progrès

Les résultats sont dans l’ensemble rassurants :
- Les concentrations en formaldéhyde et en benzène sont largement inférieures aux seuils réglementaires dans la quasi-totalité des établissements,
- Aucun dépassement critique n’a été observé pour les autres composés organiques volatils surveillés,
- Plus de la moitié des structures présentent un renouvellement d’air satisfaisant, selon l’indicateur de confinement ICONE.
Cependant, une zone de vigilance persiste concernant les particules fines (PM2,5), détectées à des niveaux supérieurs aux recommandations de l’OMS dans environ 20% des pièces examinées. Ce constat met en lumière la nécessité :
- d’améliorer la ventilation dans certaines zones,
- de réduire l’utilisation de produits d’entretien polluants,
- et d’accompagner les établissements dans la mise en œuvre de bonnes pratiques d’hygiène de l’air.
Une base solide pour orienter la politique sanitaire des ESMS
Cette campagne constitue une étape clé vers la généralisation de la surveillance réglementaire dans les ESMS. Elle permet non seulement d’identifier les sources de pollution intérieure, mais aussi de proposer des recommandations concrètes pour protéger les publics les plus sensibles.
Les enseignements tirés de cette étude guideront les futurs textes réglementaires, mais aussi les acteurs de terrain (gestionnaires, personnels soignants, services techniques), dans une logique de prévention et d’amélioration continue.
Pour en apprendre plus/lecture associée
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ÉtudeEnquête descriptive de la qualité de l'air intérieur dans les ESMS
Enquête OQAI auprès de 2 000 ESMS pour préfigurer la campagne de mesure de la qualité de l’air intérieur et mieux cibler les sources de pollution.