Bougies parfumées et encens : quels impacts sur la qualité de l’air intérieur ?

Créer une ambiance chaleureuse… mais à quel prix pour la santé ?

Dans nos intérieurs, les bougies parfumées et les bâtons d’encens sont devenus des objets du quotidien. On les utilise pour créer une atmosphère apaisante, masquer des odeurs désagréables ou encore accompagner des moments de détente. Leur senteur et leur effet décoratif expliquent leur popularité croissante.

Pourtant, ces produits ne sont pas sans conséquence sur la qualité de l’air que nous respirons. En brûlant, ils dégagent un cocktail de substances chimiques, parfois à des concentrations préoccupantes. Dans des environnements clos ou mal ventilés, ils peuvent devenir une source non négligeable de pollution de l’air intérieur.

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Photographie de plusieurs bougies et d'un baton d'encens qui se consumment avec émission de fumée

Des produits du quotidien très émissifs

La combustion : un processus qui génère des polluants

La majorité des bougies et des encens commercialisés reposent sur un principe simple : la combustion d’un matériau (cire, résine, parfum, mèche) pour produire une flamme ou une fumée odorante. Ce processus, même lorsqu’il semble anodin, libère de nombreux composés chimiques et physiques dans l’air. Ces produits sont regroupés dans la catégorie des désodorisants combustibles, aux côtés des sprays et diffuseurs à combustion lente.

Leur utilisation régulière, dans des pièces parfois fermées pendant de longues durées, entraîne une accumulation de polluants. Ces derniers sont invisibles, inodores une fois dispersés, mais leurs effets peuvent se faire sentir à moyen ou long terme. De plus, la composition très variable d’un produit à l’autre rend leur impact difficile à évaluer : deux bougies visuellement identiques peuvent avoir des impacts très différents sur la qualité de l’air intérieur.

Quels sont les polluants émis par les bougies et les encens ?

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Même après extinction, certaines bougies continuent de libérer des COV

Composés organiques volatils : une diversité préoccupante

Lorsqu’une bougie ou un encens se consument, ils libèrent dans l’air intérieur une large gamme de composés organiques volatils (COV). Parmi les plus couramment détectés, on trouve le benzène, classé cancérogène, mais aussi le formaldéhyde, l’acroléine, le toluène ou encore l’acétaldéhyde. Ces substances sont connues pour provoquer des irritations des muqueuses, des troubles respiratoires et, pour certaines, augmenter le risque de maladies chroniques.

Les bougies parfumées, notamment lorsqu’elles sont enrichies en parfums de synthèse, peuvent émettre plusieurs microgrammes de formaldéhyde ou d’acroléine par mètre cube. Des études, comme le projet EBENE, ont également montré que certaines d’entre elles continuent à libérer des COV même après extinction, ce qui suggère des réactions chimiques secondaires dans l’air.

Particules fines et ultrafines : des polluants inhalables

Au-delà des gaz, la combustion de ces produits libère également une quantité importante de particules fines (PM2,5) et ultrafines (PM1). Ces particules, invisibles à l’œil nu, sont capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires, jusqu’aux alvéoles pulmonaires. Elles sont associées à une augmentation des risques cardiovasculaires et à l’aggravation de l’asthme.

Les encens figurent parmi les principaux émetteurs de ces particules : les concentrations mesurées pendant et après combustion dépassent parfois largement les seuils recommandés pour la santé. Bien que les bougies en émettent généralement moins, elles produisent des particules encore plus petites, ce qui augmente leur pouvoir de pénétration dans l’organisme.

Autres polluants préoccupants : NOx, HAP et suie

La combustion de bougies ou d’encens génère également des polluants secondaires comme les oxydes d’azote (NO et NO₂), issus de la dégradation thermique de l’air ambiant. Certaines lampes à catalyse ou bougies très parfumées peuvent également émettre des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), substances persistantes et potentiellement cancérogènes.

La présence de suie noire ou de dépôts visibles sur les parois à proximité des zones de combustion est un autre indicateur d’émission. Ces résidus peuvent non seulement altérer la qualité de l’air, mais aussi s’infiltrer dans les textiles et les meubles, prolongeant l’exposition même après l’arrêt de l’utilisation.

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Les lampes à catalyse peuvent émettre des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Quels sont les effets sur la santé ?

Exposition aiguë et chronique : deux niveaux de risque

À court terme, les polluants émis peuvent provoquer des irritations des yeux, du nez et de la gorge, des maux de tête ou des sensations d’inconfort, en particulier chez les personnes sensibles (enfants, personnes asthmatiques ou allergiques). Dans les pièces peu ventilées, ces effets peuvent apparaître dès quelques minutes d’exposition.

À plus long terme, une exposition répétée ou régulière à ces polluants est associée à des risques accrus de maladies respiratoires, de troubles cardiovasculaires et même de certains cancers. Le benzène, par exemple, est classé cancérogène avéré pour l'homme (Groupe 1) par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) sur la base de leucémies observées dans des études épidémiologiques et animale. Le formaldéhyde est, quant à lui, classé cancérogène avéré pour l'homme par le CIRC (Groupe 1), avec des survenues de cancer du nasopharynx, et mutagène de catégorie 2 (Règlement UE).

Comment réduire les risques liés à l’utilisation des bougies et encens ?

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Adopter les bons gestes

Bien qu’il soit impossible d’interdire leur usage auprès des particuliers, des bonnes pratiques peuvent malgré tout être dispensées pour réduire l’impact de ces produits sur la qualité de l’air intérieur et la santé des occupants.

Ventiler régulièrement est le geste le plus simple et le plus efficace pour limiter la concentration des polluants dans l’air intérieur. Il est recommandé d’aérer pendant la combustion, mais aussi après extinction, car certains composés continuent de se diffuser. Un renouvellement d’air de 10 à 15 minutes suffit généralement à améliorer considérablement la qualité de l’air.

Mieux choisir ses produits

Pour limiter l’exposition aux substances nocives, il est préférable d’opter pour :

  • Des bougies à base de cire végétale (soja, colza), sans paraffine
  • Des mèches en coton ou papier, sans âme métallique
  • Des produits sans parfum synthétique, ou avec des parfums issus d’huiles essentielles naturelles
  • Des encens sans colorants ni fixateurs chimiques

La transparence des fabricants est un bon indicateur : privilégiez les marques qui détaillent clairement la composition.

Ce qu’il faut retenir

  • Bougies et encens, malgré leur aspect décoratif et apaisant, émettent de nombreux polluants dans l’air intérieur.
  • Les encens sont les plus polluants, notamment en termes de particules fines et de composés volatils cancérogènes (benzène notamment).
  • Les bougies parfumées ne sont pas inoffensives, notamment lorsqu’elles contiennent des parfums de synthèse.
  • Un choix de produits plus sains permettent de concilier confort et qualité de l’air.
  • Une bonne ventilation et/ou une aération régulière permettent d’éliminer les mauvaises odeurs et d’éliminer les polluants : il s’agit de pratiques à privilégier avant toute utilisation de produits néfastes pour la santé.