De matériau valorisé à menace pour la santé publique

Qu’est-ce que l’amiante ?
L’amiante est un minéral naturel à structure fibreuse. Sa forme la plus fréquente, le chrysotile (ou « amiante blanc »), appartient à la famille des serpentines. Cinq autres variétés appartiennent aux amphiboles : amosite (amiante brun), crocidolite (amiante bleu), trémolite, actinolite et anthophyllite.
Pourquoi l’amiante a-t-il été autant utilisé ?
Ses propriétés exceptionnelles expliquent son usage massif :
- résistance élevée à la chaleur (température de fusion supérieure à 1 000 °C),
- isolation thermique, acoustique et électrique,
- solidité mécanique,
- stabilité chimique (imputrescibilité).
En France, entre 1950 et 1980, l’amiante a été très utilisé dans le secteur du bâtiment, notamment sous forme d’amiante-ciment (toitures). On le retrouve aussi dans :
- dalles de sol vinyle-amiante,
- isolants des conduites calorifugées,
- plaques de faux-plafonds,
- enduits, colles et joints.
Depuis 1997, l’utilisation de l’amiante est totalement interdite en France.

Quels sont les risques sanitaires liés à l’amiante ?
L’amiante devient dangereux lorsqu’il libère des fibres en suspension dans l’air et qu’elles sont inhalées. Ces fibres, très fines et biopersistantes, atteignent les alvéoles pulmonaires et ne peuvent pas être éliminées par l’organisme.
Elles provoquent :
- des réactions inflammatoires (plaques pleurales),
- des pathologies graves et souvent mortelles : mésothéliome (cancer de la plèvre), cancer broncho-pulmonaire.
Ces maladies surviennent après une longue période de latence, de plusieurs années à plusieurs décennies. Même de faibles expositions peuvent provoquer des pathologies, la probabilité augmentant avec la durée et l’intensité des expositions.
En France, on estime que 3 000 à 4 000 maladies professionnelles liées à l’amiante sont reconnues chaque année (source INRS).