La qualité des ambiances intérieures est essentielle pour le confort, la santé des occupants et la durabilité des bâtiments. Pour l’améliorer, trois leviers complémentaires doivent être mobilisés dans l’ordre suivant : renouveler l’air, supprimer les sources de pollution, et en dernier recours, épurer l’air intérieur. Voici comment agir efficacement.

Renouveler l’air intérieur : la priorité n°1

Le renouvellement de l’air permet de remplacer l’air vicié, chargé de polluants et d’humidité, par de l’air neuf. Il s’exprime par le débit d’air neuf introduit dans une pièce (en m³/h) ou par le nombre de volumes d’air renouvelés par heure (exprimé en h⁻¹). Un taux de renouvellement de 2 volumes/h signifie que tout le volume d’air de la pièce est renouvelé deux fois par heure.

Le dioxyde de carbone (CO₂), émis par la respiration humaine, est un indicateur utile pour évaluer le confinement de l’air. Une forte concentration indique une ventilation insuffisante.

Comment renouveler l’air efficacement :

  • Ventilation mécanique contrôlée (VMC) : Vérifiez son bon fonctionnement (bouches non obstruées, entrées d’air dégagées, passages d’air sous les portes).
  • Aération naturelle : Ouvrez les fenêtres au moins 10 minutes par jour, notamment après des activités comme le ménage, la cuisine ou le bricolage.
  • Pensez à aérer la chambre chaque matin — y compris celle des enfants — et utilisez si possible des entrebâilleurs pour sécuriser les ouvertures.

🔗 Source : batiment-ventilation.fr – Principes de base 

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Photographie d'une femme qui ouvre les fenêtres de son logement
Ouvrir ses fenêtres au moins 15 minutes chaque jour permet d’évacuer les polluants présents et de renouveler l’air intérieur de son logement

Supprimer les sources de pollution : réduire à la source

Réduire la pollution de l’air intérieur passe par une meilleure sélection des matériaux, un usage raisonné des produits chimiques, et l’élimination des mauvaises pratiques.

Quelques gestes concrets :

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Etiquette aposée sur les matérieux de construction et les produits de décoration pour informer le consommateur des émissions possibles dans l'air intérieur
Choisir des matériaux à faibles émissions de COV permet de limiter la pollution de l'air intérieur
  • Choisissez des matériaux à faibles émissions de COV : optez pour des produits de construction et de décoration étiquetés A+, selon l’échelle allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions).
  • Respectez les consignes d’utilisation des produits d’entretien : Ne surdosez pas, aérez pendant et après usage, et évitez de stocker en excès des produits nocifs (ammoniaque, eau de javel, solvants, etc.).
  • Évitez les masquants d’odeurs : Bougies parfumées, encens, sprays dits « assainissants » ou huiles essentielles peuvent libérer des substances nocives, notamment pour les personnes sensibles. Si vous en utilisez, faites-le avec parcimonie et aérez systématiquement après.
  • Éliminez les excès d’humidité : Séchez le linge dans un espace bien ventilé, réparez toute fuite d’eau et isolez les murs exposés aux remontées capillaires. L’humidité favorise la prolifération des moisissures, des acariens et des émanations toxiques.

Épurer l’air intérieur : une solution complémentaire à manier avec précaution

Des technologies variées, une efficacité inégale

De plus en plus de dispositifs sont proposés : épurateurs autonomes, systèmes intégrés aux ventilations, ou matériaux actifs comme certaines peintures ou plaques de plâtre. Ils fonctionnent selon deux grands principes :

  • Le piégeage des polluants (filtres HEPA, charbon actif),
  • La destruction physico-chimique (photocatalyse, ionisation, plasma, ozonation).

L’Anses, l’ADEME et l’INRS soulignent que l’efficacité en conditions réelles est très variable et que certains dispositifs peuvent émettre de nouveaux polluants, notamment de l’ozone, nocif pour la santé. 

Lorsque la ventilation n’est pas suffisante ou que certaines sources de pollution sont inévitables, des dispositifs d’épuration de l’air peuvent être envisagés. Mais leur usage doit rester secondaire, en complément, et non en substitution des deux premières étapes. 

Produits « assainissants » : vigilance recommandée

Les sprays, diffuseurs et désodorisants à base d’huiles essentielles ou d’agents biocides peuvent également libérer des composés organiques volatils (COV). Leurs effets sur la santé sont encore mal connus, surtout pour les personnes vulnérables. L’Anses appelle à la prudence : leur utilisation doit rester exceptionnelle, toujours suivie d’une aération prolongée, et évitée en présence de personnes asthmatiques ou allergiques. 

Et les plantes dépolluantes ?

Bien que certaines plantes aient montré une capacité à absorber des polluants en laboratoire, les travaux de l’ADEME (projet PHYTAIR) ont démontré qu’en conditions réelles, leur efficacité est négligeable. En outre, certaines peuvent provoquer des allergies.

En résumé : l’épuration de l’air peut être un complément utile, à condition qu’elle soit maîtrisée, bien documentée, et intégrée à une stratégie globale d’amélioration de la qualité de l’air.

Pour en savoir plus :

Des gestes simples pour un intérieur sain

Améliorer la qualité de l’air intérieur est à la portée de tous. En renouvelant l’air chaque jour, en limitant les sources de pollution, et en utilisant avec discernement les dispositifs ou produits d’épuration, vous contribuez à un environnement plus sain, sûr et confortable pour vous et vos proches. 

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visuel de la couverture de la brochure de l'OQAI "Les bons gestes pour un bon air"