Dans cette étude :
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  • Qualité de l'air intérieur
  • Publication scientifique/de revue

Une étude originale sur la perception de l'air

Dans le cadre de la première campagne nationale de l’OQAI, une étude complémentaire a été menée pour mieux comprendre comment les occupants perçoivent la qualité de l’air intérieur dans leur logement, et en quoi cette perception diffère de celle d’experts. Cette enquête repose sur les 567 logements de la campagne CNL1, répartis sur l’ensemble du territoire. 

Une méthode inédite à double regard

Les données recueillies combinent des mesures physiques (température, humidité, dioxyde de carbone), des concentrations de particules fines (PM10, PM2,5) et de composés chimiques (COV, aldéhydes). 

En parallèle, la perception de la qualité de l’air a été évaluée de deux façons : par les occupants eux-mêmes, via un questionnaire d’auto-évaluation, et par les enquêteurs, dès leur arrivée dans le logement. 

Les réponses ont ensuite été comparées aux concentrations mesurées et croisées avec les caractéristiques des logements et des personnes interrogées. 

Quelques chiffres clés

567

Logements étudiés

L’étude nationale a porté sur un échantillon représentatif de 567 habitations françaises.

59%

Occupants satisfaits

Près de 6 occupants sur 10 jugent l’air intérieur de leur logement agréable.

28%

Inspecteurs d’accord

Moins d’1 inspecteur sur 3 estime que l’air intérieur est agréable, révélant un écart de perception marqué.

51%/17%

Logements avec fumeurs

Dans les habitations où l’on fume, 51% des occupants jugent l’air agréable, mais seulement 17% des inspecteurs partagent cet avis.

Principaux enseignements

Une perception plus positive chez les occupants

La majorité des occupants (59 %) jugent l’air de leur logement agréable, alors que seuls 28 % des enquêteurs partagent cet avis. Les experts signalent plus souvent la présence d’odeurs, en particulier dans les logements où il y a du tabagisme.

Cette différence s’explique en partie par des phénomènes d’habituation et d’adaptation sensorielle: les occupants sont exposés en continu à leur environnement, ce qui modifie leur perception. 

Image

Le tabagisme influence fortement la perception

Le fait de fumer à l’intérieur est associé à une perception plus négative de l’air, en particulier chez les enquêteurs. Cette tendance est confirmée par les concentrations plus élevées de certains polluants comme l’acroléine, l’acétaldéhyde ou les particules fines, tous liés à la fumée de tabac.

Une perception pas toujours en lien avec les mesures

Chez les enquêteurs, une dégradation de la qualité perçue est clairement liée à l’augmentation des concentrations de plusieurs polluants. En revanche, chez les occupants, les polluants mesurés influencent peu leur jugement. D’autres facteurs, notamment sociaux (statut d’occupation, âge ou activité), semblent peser davantage dans leur ressenti.

Le rôle du confort thermique

La température intérieure influence aussi la perception globale. Une ambiance thermique jugée agréable est associée à une meilleure qualité perçue, surtout chez les enquêteurs. Par ailleurs, la saison joue un rôle : pendant la période de chauffage, la perception est souvent moins favorable.

Une perception liée à de nombreux facteurs

Chez les occupants, deux éléments ressortent clairement : le fait d’être propriétaire (plutôt que locataire) et le statut de retraité sont associés à une perception plus positive de l’air.

Du côté des enquêteurs, la perception est influencée par un ensemble de facteurs : la présence de fumeurs, la saison, le type de ventilation, la réalisation de travaux récents et les concentrations d’acétaldéhyde et d’acroléine.

Une meilleure compréhension de la subjectivité

Cette étude montre que la perception de la qualité de l’air intérieur ne coïncide pas toujours avec les mesures. Elle varie selon le point de vue (occupant ou expert) et dépend de nombreux facteurs, à la fois sensoriels, sociaux et comportementaux.

Les résultats complètent les données objectives issues de la campagne nationale, et invitent à mieux prendre en compte le ressenti des occupants dans les politiques de qualité de l’air intérieur.

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