- Établissements scolaires et lieux accueillant des enfants
- Qualité de l'air intérieur
- Confort acoustique
- Confort lumineux
- Rapport de campagne
Un état des lieux inédit de la qualité de l’environnement intérieur dans les écoles
De 2013 à 2017, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a conduit une étude nationale dans les écoles françaises. Par son ampleur et la diversité des paramètres analysés, cette campagne constitue une référence inédite sur l’environnement intérieur scolaire. L’école, deuxième lieu de vie après le domicile, est un enjeu de santé publique.
Les objectifs : avoir une meilleure connaissance des bâtiments scolaires, de leurs équipements et des usages, mieux comprendre à quoi sont exposés les enfants durant la journée d’école, en analysant la pollution de l’air et les poussières déposées au sol, évaluer les conditions d’ambiance thermique, acoustique et visuelle.
Mieux cerner les facteurs de risque dans l’environnement scolaire

Pour dresser un tableau complet, l’étude s’est appuyée sur trois grands volets :
- L’identification des polluants dans l’air et les poussières présents dans les salles de classe,
- L’analyse des caractéristiques des bâtiments (systèmes de ventilation, chauffage, matériaux) et des usages des occupants,
- L’évaluation des conditions réelles du confort d’ambiance et de sa perception par les élèves et les enseignants (température, bruit, éclairage...).
Cette approche transversale permet de croiser les données sur la qualité de l’environnement intérieur avec celles relatives au bâti et aux usages, rarement observées ensemble à cette échelle.
Quelques chiffres clés
301
Écoles sélectionnées
La campagne nationale a porté sur un panel représentatif de 301 écoles maternelles et élémentaires tirées au sort en France métropolitaine.
96%
Particules PM2,5
La pollution particulaire aux PM2,5 est omniprésente, avec des concentrations supérieures à la valeur guide proposée l’OMS en 2005 dans 96 % des écoles.
40%
Confinement de l’air
4 écoles sur 10 ont au moins une salle de classe très confinée, avec un indice de confinement ICONE égal à 4 ou 5.
15%
Peintures au plomb
Des revêtements dégradés contenant du plomb à des concentrations surfaciques supérieures à la limite réglementaire (1 mg/cm2) ont été relevés dans environ une école sur six.
Une étude représentative des écoles françaises à l’échelle de l’hexagone
L’étude a été déployée sur 301 écoles sélectionnées aléatoirement parmi plus de 52 000 établissements, réparties dans 245 communes et 31 départements. Dans chaque école, deux salles de classe ont été instrumentées pour réaliser les mesures.
La procédure d’échantillonnage de ce sous-ensemble d’écoles assure l’extrapolation des résultats obtenus au parc national des écoles françaises. Elle permet d’obtenir un aperçu fidèle de la diversité des bâtiments scolaires français, en zones urbaines comme rurales, dans des écoles maternelles et élémentaires et dans les différentes zones géographiques.

Des données précises sur la pollution intérieure à l’école
L’étude a porté sur 71 substances, dont certaines rarement mesurées jusque-là dans les établissements scolaires.
Une qualité de l’air intérieur globalement satisfaisante
Les concentrations des composés organiques volatils et des aldéhydes sont relativement similaires à celles observées dans les écoles européennes depuis 2003 et inférieures à celles des logements français (données issues de la Campagne Nationale Logements 1 de l’OQEI) à quelques exceptions prés.
Les valeurs guides réglementaires en formaldéhyde et benzène sont globalement respectées et les valeurs limites nécessitant des investigations complémentaires et l’information du préfet de département ne sont jamais dépassées.
Un faible niveau de pollution au NO2 est observé du fait de l’absence de sources intérieures dans les salles de classe ; les sources extérieures contribuant essentiellement au niveau intérieur mesuré.

Pollution particulaire omniprésente
La pollution particulière (PM2,5) est particulièrement préoccupante, car elle est omniprésente et les concentrations mesurées dépassent les recommandations de l’OMS (version 2005) dans 96 % des écoles.
Présence de nombreux COSV dans l’air dont certains sont ubiquitaires
De nombreux composés organiques semi-volatils (COSV) sont mesurés dans l’air des écoles dont certains comme les phtalates, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et le lindane dans l’air de 100 % des écoles.
Exposition des enfants au plomb dans les écoles
Dans 15 % des établissements, des concentrations en plomb supérieures au seuil réglementaire ont été mesurées dans des peintures dégradées, représentant un risque pour la santé des jeunes enfants.
Confinement de l’air intérieur très élevé dans 41% des écoles
41% des écoles montre, dans au moins une salle de classe, un confinement de l’air élevé (ICONE 4 ou 5).
Faire évoluer la réglementation et les polluants surveillés
L’un des objectifs majeurs de la campagne nationale dans les écoles est de faire évoluer le surveillance réglementaire de la qualité de l’air intérieur dans les ERP. Si la réglementation actuelle portent principalement sur le dioxyde de carbone, le formaldéhyde et le benzène, les résultats montrent que d'autres substances – notamment les particules fines et les composés organiques semi-volatils– peuvent également compromettre la qualité de l’air et impacter la santé et le bien-être des élèves.
Cette démarche vise donc à vérifier le potentiel élargissement de la liste des polluants surveillés, affiner les seuils d’alerte, et mieux adapter les exigences aux spécificités des établissements scolaires. En s’appuyant sur des données objectives et récentes, la campagne contribue à renforcer la prévention, protéger la santé des enfants et améliorer durablement leur environnement d’apprentissage.
Des leviers d’action à mobiliser dans les établissements
Des solutions simples et accessibles peuvent être mises en œuvre pour améliorer durablement la qualité de l’air intérieur :
- Aérer régulièrement les salles de classe et entretenir les systèmes de ventilation,
- Privilégier les produits d’entretien écolabellisés, sans substances nocives,
- Choisir des matériaux peu émissifs pour les sols, murs, meubles et fournitures,
- Sensibiliser les équipes éducatives aux bons gestes pour maintenir un air sain au quotidien.
Ces actions s’inscrivent dans une logique de prévention et peuvent être adaptées aux contraintes de chaque école.
