Dans cette étude :
  • Logements
  • Qualité de l'air intérieur
  • Rapport d'étude (campagne)

Une campagne pour mieux comprendre les expositions domestiques

Dans le cadre de la Campagne nationale logements menée entre 2003 et 2005, l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) a mandaté l’Institut de veille sanitaire (InVS) pour analyser les budgets espace-temps (BET) des occupants et estimer leur exposition à trois polluants fréquents dans les environnements intérieurs : le monoxyde de carbone (CO), le benzène et le formaldéhyde. Cette initiative visait à mieux comprendre les habitudes de vie dans les logements français, en lien avec les enjeux de santé environnementale associés à l’air intérieur.

Deux grands objectifs sanitaires et scientifiques

Image
Photographie d'une femme dans son salon, tenant son bébé dans les bras

Cette étude poursuivait un double objectif :

  • Quantifier le temps que les Français passent à l’intérieur de leur logement, en tenant compte de critères comme l’âge, le sexe, la région, la saison ou encore le type d’activité,
  • Estimer l’exposition individuelle à certains polluants intérieurs, en croisant les durées de présence dans les logements avec les concentrations mesurées dans les pièces de vie.

Les données ainsi obtenues sont devenues des éléments de référence pour les évaluations quantitatives des risques sanitaires (EQRS) menées à l’échelle nationale.

Quelques chiffres clés

1375

Individus ayant fournis leur BET

Parmi les 1612 individus des 567 logements enquêtés pendant la CNL1, 1375 ont fournis leur BET, soit 85,3%.

67,3%

Temps journalier à domicile

Il ressort de cette étude qu’en moyenne, les Français passent 67,3 % de leur temps journalier au domicile., soit 16 h 10 min.

17h vs 15h

Différence femmes / hommes

Les femmes passent 17 h par jour au domicile, contre 15 h pour les hommes.

90%

Valeurs de CO nulles

La très grande majorité des mesures de CO à l’intérieur des logements sont nulles.

Une démarche basée sur des données inédites et une méthode robuste

L’étude s’est appuyée sur un échantillon représentatif de 567 logements tirés au sort sur tout le territoire français. Au total, 1 375 personnes ont complété un carnet d’activités hebdomadaire, consignant leurs déplacements à l’intérieur et à l’extérieur du logement par tranches de 10 minutes. Ce dispositif a permis de recueillir 9 625 journées renseignées, représentant près de 1,4 million de pas de temps.

Les concentrations de CO, de benzène et de formaldéhyde ont été mesurées dans les pièces principales, notamment la chambre des parents. Pour garantir la qualité statistique des résultats, les chercheurs ont eu recours à des techniques d’imputation multiple afin de corriger les données manquantes sans biaiser les moyennes observées.

Principaux résultats : où, quand et combien de temps les Français restent-ils chez eux ?

L’étude révèle que les Français passent en moyenne plus de 16 heures par jour dans leur logement, soit près de 70 % de leur temps quotidien. Cette durée varie significativement selon plusieurs facteurs démographiques, sociaux et géographiques :

  • Âge : les enfants et les personnes âgées sont logiquement les plus présents à domicile, exposant davantage ces publics vulnérables à la pollution intérieure.
  • Sexe : les femmes passent en moyenne près de deux heures de plus que les hommes à l’intérieur du logement, ce qui peut influencer leur exposition cumulée à certains polluants.
  • Saisonnalité : les durées de présence augmentent sensiblement en hiver, période où l’aération est souvent réduite.
  • Jour de la semaine : un pic d’occupation est observé le dimanche, jour typique de repos et d’activités domestiques.
  • Région : les habitants du Nord restent plus longtemps chez eux que ceux du Sud, particulièrement en période estivale.
  • Statut d’activité : les retraités, personnes au foyer et chômeurs passent en moyenne plus de 18 heures par jour dans leur logement, ce qui accentue leur exposition potentielle aux polluants intérieurs.

Ces résultats soulignent la nécessité d’adapter les politiques de santé publique à la réalité des usages : l’air intérieur est un facteur d’exposition déterminant, notamment pour les populations les plus sédentaires ou fragiles.

Pollution intérieure : des niveaux faibles, mais une vigilance nécessaire

Les mesures réalisées révèlent que le monoxyde de carbone est globalement peu présent dans les logements, avec 90 % de valeurs nulles. Les quelques pics observés se concentrent dans les pièces équipées d’appareils de combustion, comme la cuisine, ou dans les garages attenants.

S’agissant du benzène et du formaldéhyde, les concentrations relevées dans les chambres sont en général faibles. Cependant, des niveaux plus élevés peuvent être détectés en présence de sources internes spécifiques, telles qu’un garage communiquant ou certaines activités domestiques. Ces résultats appellent à une vigilance particulière dans certains contextes, même si, en moyenne, les expositions restent modérées.

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